JO de Paris 2024 : l’escrimeuse ukrainienne Olga Kharlan aura une place garantie malgré son geste politique

La suspension de la quadruple championne du monde affectait franchement les chances de son pays dans l’épreuve par équipes des Mondiaux où les points comptent double dans la course à la qualification olympique.

La suspension de la quadruple championne du monde affectait franchement les chances de son pays dans l’épreuve par équipes des Mondiaux où les points comptent double dans la course à la qualification olympique.

SPORT – Son geste politique a failli lui coûter sa place dans les plus grandes compétitions. Ce vendredi 28 juillet la Fédération internationale d’escrime (FIE) a annoncé lever la sanction de disqualification d’Olga Kharlan, lui permettant donc de disputer l’épreuve par équipes des Mondiaux d’escrime à partir de ce samedi.

Dans le même temps, le Comité International Olympique (CIO) lui a assuré une place lors des JO de 2024, quitte à s’attirer les foudres de Moscou.

L’escrimeuse ukrainienne Olga Kharlan avait été disqualifiée des Mondiaux d’escrime ce jeudi 27 juillet pour ne pas avoir serré la main de son adversaire russe, Anna Smirnova, comme vous pouvez le voir dans la vidéo ci-dessous. Ce geste politique n’est pas une première lors de compétitions sportives depuis le début de la guerre en Ukraine.

Dans ce contexte, la FIE a amendé ce vendredi 28 juillet son règlement afin qu’il n’oblige plus à échanger une poignée de main avec son adversaire, a indiqué Bruno Gares, membre du Comité exécutif de la FIE, lors d’une conférence de presse.

La suspension de la quadruple championne du monde et meilleure ukrainienne pour toute la compétition aurait franchement affecté les chances de son pays dans l’épreuve par équipes des Mondiaux où les points comptent double dans la course à la qualification olympique.

Le président de la FIE, par intérim, Emmanuel Katsiadakis, explique que la levée de la suspension a été décidée « après consultation du Comité international olympique ».

La FIE modifie son règlement dans le contexte de guerre

Dans la foulée de la décision de la disqualification d’Olga Kharlan, le CIO avait appelé à faire preuve de « sensibilité » à l’égard des sportifs ukrainiens, se disant « bien conscient des tiraillements intérieurs auxquels les athlètes peuvent être en proie en raison de l’agression dont est victime leur pays ».

Une réaction qui a ulcéré le chef du Comité olympique russe, Stanislav Pozdniakov, jugeant que le mouvement olympique se révèle « agir dans l’intérêt » de l’Ukraine.

Pour son cas individuel, l’« exception unique » faite par le CIO assure une place pour les JO-2024 à l’Ukrainienne. « Compte tenu de votre situation particulière, le Comité international olympique vous attribuera un quota supplémentaire pour les Jeux olympiques de Paris-2024 au cas où vous ne seriez pas en mesure de vous qualifier dans la période restante », indique une lettre signée de Thomas Bach, le président du CIO publiée par le ministre des sports ukrainiens Vadym Gutzeit.

La FIE, en modifiant son règlement, s’adapte à une situation qu’elle n’avait pas anticipée. La veille, le match entre les sabreuses Olga Kharlan et la Russe Anna Smirnova, concourant sous le statut d’« athlète individuelle neutre », était le premier entre une représentante de l’Ukraine et une Russe dans le monde du sport depuis l’invasion du pays par son voisin il y a près d’un an et demi.

L’Ukraine permet à ses sportifs de concourir

Un événement rendu possible par un revirement du gouvernement ukrainien qui n’autorise que depuis mercredi les athlètes d’une délégation officielle ukrainienne à s’aligner dans des compétitions où figurent des Russes ou Biélorusses, à condition qu’ils soient inscrits sous bannière neutre.

Plutôt que de serrer la main à son adversaire après l’avoir dominée dans les grandes largeurs (15-7), Olga Kharlan avait présenté son sabre pour que s’entrechoquent les lames, geste qui avait cours dans les salles d’armes au plus fort de la pandémie de Covid-19.

Or « les deux tireurs (…) doivent serrer la main de l’adversaire dès que la décision est donnée », précisait avant vendredi le règlement de la Fédération internationale d’escrime (FIE), présidée jusqu’à l’éclatement du conflit par l’oligarque russe Alisher Usmanov, en retrait depuis.

À voir également sur Le HuffPost :

Léon Marchand médaille d’or du 200m 4 nages aux Mondiaux de natation de Fukuoka

JO de Paris 2024 : L’Ukraine autorise ses athlètes à concourir aux côtés de Russes et de Biélorusses sous bannière neutre

You might also like...

P