Coupe du monde féminine: pourquoi des joueuses américaines refusent de chanter leur hymne

Les États-Unis divisés sur le comportement de certaines de leurs joueuses lors de la Coupe du monde féminine. Comme lors des deux premiers matchs de la compétition, six Américaines n’ont pas chanté leur hymne, The Star-Spangled Banner, avant le coup d’envoi du match contre le Portugal (0-0) ce mardi. Un choix qui prend sa source en 2016.

“Je ne mettrai probablement jamais la main sur le cœur”

Cette année-là, Megan Rapinoe avait suivi le joueur de football américain Colin Kaepernick, qui s’agenouillait pendant l’hymne en protestation aux inégalités raciales et aux violences policières. “Je ne mettrai probablement jamais la main sur le cœur, a ensuite déclaré l’attaquante lors du Mondial 2019. Je ne chanterai probablement plus jamais l’hymne national. J’ai l’impression que c’est une sorte de défi en soi que d’être qui je suis, de porter le maillot et de le représenter”.

Devenue remplaçante, l’attaquante est imitée par Andi Sullivan, Sophia Smith, Naomi Girma, Emily Fox, Trinity Rodman et Crystal Dunn, qui restent la bouche fermée et le bras le long du corps avant le coup d’envoi. “Lorsque nous sommes sur le terrain, nous nous préparons pour le match, et ce n’est pas la priorité, déclarait récemment Girma, sans vouloir en dire quant à leurs réelles motivations. En fin de compte, chaque joueuse a le choix”.

“C’est aller trop loin”

Un choix qui suscite de nombreuses critiques, dépassant le cadre du sport. L’animatrice Megyn Kelly estime notamment que c’est “aller trop loin” et qu’en “se mettant dans l’embarras”, les joueuses”‘haissent leur pays”, dans des propos relayés par le Telegraph. “Elles n’ont pas pris la peine de mettre la main sur leur cœur au moment de l’hymne national, alors qu’ils représentaient vous et moi, le pays, nos militaires et les personnes qui ont donné leur vie pour le pays qu’ils représentent, regrette-t-elle. C’était un trop grand effort de mettre la main sur leur cœur ou, de chanter”.

Nikki Haley, ancienne gouverneure de Caroline du Sud, est du même avis. “L’équipe féminine de football des États-Unis vit le rêve américain, pointe-t-elle. Elles sont nées dans le pays le plus libre et le plus juste du monde, qui a récompensé leur dur labeur. Elles devraient se souvenir de cette bénédiction et des hommes et des femmes (comme mon mari) qui la défendent fièrement la prochaine fois que l’hymne national retentira”.

“Elles défendent le pays en gagnant, pas en chantant”

Ce à quoi l’ancienne légende du tennis Martina Navratilova répond, en prenant partie pour les joueuses. “Elles défendent (le pays) en jouant à fond et en gagnant la plupart du temps. Pas en chantant. Ressaisissez-vous et commencez à parler de solutions au lieu de chercher des problèmes là où il n’y en a pas”.

En 2019, les joueuses américaines s’étaient aussi engagées dans la lutte pour l’égalité salariale avec l’équipe masculine, n’hésitant pas à attaquer leur fédération. Et elles avaient obtenu gain de cause. La fédération a annulé l’interdiction de s’agenouiller en février 2021, juste avant un match contre l’Australie.

Article original publié sur RMC Sport

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