“Même Dembélé et Bakayoko sont surpris”: pourquoi la MLS impressionne les stars européennes

Ce n’est pas Miami, Los Angeles ou New York. Depuis 2021, Steven Moreira (28 ans) joue, lui, à Columbus, plus méconnu que ces grandes mégalopoles américaines, vu de France. Vu des Etats-Unis, la réalité est différente: le club de l’Ohio est l’un des pionniers du championnat américain. Il figurait ainsi parmi les dix membres “fondateurs” de la MLS dans les années 1990. Il fut aussi le premier à construire un stade uniquement dédié au “soccer”.

“Plein de joueurs m’ont appelé pour me demander des renseignements”

En fin de contrat à Toulouse et friand d’une aventure à l’étranger, Moreira s’est interrogé face à l’intrigant intérêt de Columbus à l’été 2021. Après de riches discussions, il a finalement traversé l’Atlantique pour poser ses valises dans cette ville située à deux heures au sud de Cleveland. D’abord pour voir. “J’étais un peu indécis à y aller, confie-t-il à RMC Sport. J’avais un accord avec eux pour faire les deux mois de la fin de saison, voir comment ça se passait et rester si je me sentais bien. Les deux mois se sont bien passés, on a gagné un titre directement quand je suis arrivé (la Campeones Cup en 2021, ndlr) et je suis resté.”

Ce qu’il a vu l’a conquis: un stade flambant neuf (sorti de terre en juillet 2021), un public bouillant mais surtout des installations ultra modernes. “En Europe, on pense toujours à Miami ou LA, souligne-t-il. Mais à Columbus les installations sont vraiment extraordinaires. On a l’impression d’être au Real Madrid. Quand j’envoie des vidéos à Ousmane Dembélé ou Tiémoué Bakayoko (qu’il a connus au centre de formation de Rennes), ils me disent: ‘Waouh, c’est impressionnant’. Même eux sont surpris.”

“Ça donne envie à des joueurs que je connais, insiste l’ancien international Espoirs français. Plein de joueurs m’ont appelé pour me demander des renseignements concernant la Ligue. Je suis à Columbus et je suis vraiment dans une situation incroyable. Le centre d’entraînement est vraiment incroyable mais on m’a aussi dit que ce n’est pas comme ça dans tous les clubs.”

“Ici, ce sont des fanatiques!”

L’attraction pour la MLS s’est multipliée depuis la signature de Lionel Messi à l’Inter Miami en juillet. Presque une révolution. “Franchement, ça a tout changé, remarque Moreira. Tout le monde en parle, des joueurs d’Europe m’en parlent parce que Messi est là. Ça change énormément de choses, même la ligue veut modifier des règles comme celle des designated players (trois joueurs par équipe touchent des salaires supérieurs au plafond fixé par la Ligue) qu’ils essaient de passer à cinq. Miami essaie d’acheter tout le monde comme Suarez, Jordi Alba, Iniesta. Il faut faire de la place dans le plafond salarial.”

Car l’engouement populaire enfle à vue d’œil. Parfois raillé pour son manque de culture autour du soccer, le public américain affirme de plus en plus son goût pour le ballon rond derrière le foot US, le baseball ou la NBA. La ferveur se veut bruyante dans les stades comme celui du Crew, nom de l’équipe de Columbus, où les 20.000 spectateurs chantent, se griment de jaune et grondent selon les décisions défavorables d’un arbitre. “Le stade est super beau et il est rempli, abonde Moreira. Et l’ambiance, vraiment, ça m’a surpris. Ici, ce sont des fanatiques! Tu vois vraiment la différence quand tu joues à domicile ou à l’extérieur. En plus, avec les longs voyages, c’est compliqué.”

Moreira, récemment repositionné en charnière centrale, cite notamment “le derby de l’enfer” (“hell is real”, l’enfer existe) à venir samedi contre le grand rival Cincinnati. “Mon premier match l’année dernière à domicile, c’était incroyable, se souvient-il. En tribunes, ça se chambre beaucoup. Ça insulte aussi mais ça ne se bagarre pas. C’est vraiment le match à part de la saison.” Conquis par l’ambiance, un bon salaire (il est dans la catégorie “international” et considère “bien toucher”) et les installations, le joueur se dit aussi “surpris” du niveau de jeu et la dimension physique des matchs. Tactiquement, en revanche, “ce n’est pas l’Europe”.

Messi, auteur de trois buts en deux matchs de League Cup, découvrira la MLS lundi prochain face à Charlotte. Des débuts trop tardifs pour Steven Moreira qui ne devrait pas croiser la route de l’Argentin cette saison puisque Columbus a déjà affronté Miami.

“La Coupe du monde va être exceptionnelle”

“Peut-être qu’on les rejouera en League Cup ou en playoffs même s’ils sont un peu loin (dernier de la conférence Est à 12 points de la dernière place pour les playoffs) mais on ne sait jamais.” L’ancien Rennais reconnaît qu’il serait déçu de ne pas avoir la chance de défendre sur le septuple Ballon d’or. “Ouais quand même. Je me dis peut-être l’année prochaine si je suis amené à rester. J’aurais bien aimé l’affronter cette saison.”

La perspective de se frotter à la Pulga pourrait influencer son avenir alors que son contrat court jusqu’à la fin décembre. “On discute d’une prolongation depuis au moins six mois, explique-t-il. Ma famille me manque un peu, je ne sais pas si je vais rentrer en Europe ou rester ici, je suis en pleine réflexion.”

L’inexorable croissance du championnat avec l’organisation de la Coupe du monde en 2026 (avec le Mexique et le Canada) pourrait aussi peser dans le choix de celui qui est l’un des capitaines de l’équipe. “La Coupe du monde va être exceptionnelle, prédit-il. Ils ont tout, les installations, trop d’argent, ça va être comme celle au Qatar. Les stades sont extraordinaires, c’est pour ça que les grands clubs font la pré-saison aux Etats-Unis.” Et que les stars européennes s’y intéressent de plus en plus.

Article original publié sur RMC Sport

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